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Stop à la haine : revenir aux fondamentaux des réseaux sociaux, et après ?

Des débuts bienveillants…

Les réseaux sociaux ont été initialement conçus pour favoriser les échanges communautaires, entre individus partageant un même centre d’intérêt. Exclusifs du monde extérieur et des profanes, ils permettaient des échanges de toute nature dans un domaine donné. La question de leur modération était secondaire, tant que les contributions des passionnés enrichissaient leur état de l’art et que leurs auteurs restaient populaires dans la communauté. Si des dérapages ou des abus pouvaient survenir, si la haine s’exerçait derrière la liberté d’expression, alors un modérateur, la plupart du temps bénévole, intervenait en « bon père de famille ».

… à une globalisation sans contrôle

Victimes de leur succès, les modèles de réseaux sociaux se sont globalisés. Ils ont créé la possibilité de parler de tout et rien à tout le monde, avec vélocité, puis viralité . Tout un chacun s’est arrogé le droit d’invectiver n’importe qui, sans condition d’entrée en relation, et sans que des conséquences n’en soient tirées quand bien même des dégâts psychologiques et réputationnels étaient occasionnés et sans même prendre la peine de vérifier qu’une information soit vraie ou erronée. Notre empreinte digitale est devenue un modèle économique rentable pour leurs créateurs et leurs seuls clients, des multinationales des biens de consommation.

Ces plateformes ont désormais une envergure systémique. Les mauvais comportements s’y sont multipliés, l’inconséquence banalisée et la cruauté débridée, poussant dans des cas graves, au suicide. A tel point que le besoin de régulation est remis sur la table. Mais l’impératif de propreté et de conscience n’entre-t-il pas en contradiction avec la liberté d’expression sous-jacente à ces réseaux ? Comment accepterions-nous de nous y inscrire et d’y laisser nos traces numériques hautement monétisables, sans la perspective de pouvoir parler librement, y compris « méchamment » ?

Pourtant il y a bien de la modération sur ces réseaux et leurs dirigeants ont mis en place bon nombre d’initiatives en ce sens. Les échanges y sont scrutés en permanence par des équipes aguerries, au moyen d’algorithmes très avancés. Les réseaux font l’objet de demandes de coopération de la part de la Justice et des Etats, quand ils ne travaillent pas d’ailleurs main dans la main avec des services de renseignement (à l’instar de la NSA aux Etats-Unis). Des propos trop éloignés d’une certaine ligne pourront tout simplement être purgés et des comptes fautifs suspendus.

Les réseaux sociaux présentent la particularité d’être un espace public où le souci de moralité et de régulation existe par destination, mais où les Etats et les grands groupes privés disposent d’une certaine marge de manœuvre pour aller plus loin, en particulier dans la protection de leur sécurité ou de celle de leurs populations, de leur intérêt supérieur et de leurs ressources vitales.

Vers des safe spaces ?

Alors espérer revenir aux fondamentaux des réseaux sociaux a un intérêt limité. En effet les réseaux sont pluriels. Or si une période de discussion et de grande mise en commun de tous les sujets a été observée, il ne serait pas étonnant que l’on revienne à un cloisonnement, déjà à l’œuvre, entre communautés. Comme autant de « safe spaces » isolés les uns des autres. Mais surtout, ce retour est illusoire dans la mesure où seule la régulation permet d’obtenir des résultats, de la même manière que l’on peut réguler un espace public physique. N’oublions pas que des règles y existent, dans l’intérêt de tout un chacun, pour la paix et la sécurité des individus.